93, la belle rebelle

JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT

Du 16 septembre 2026 au 1 novembre 2026

  • 1 Conférence / Master classe
  • 34 Projections

15 films

Élaborer une rétrospective du travail de Jean-Pierre Thorn, c’est traverser une
filmographie qui cherche sans relâche. Et il est beau d’être guidée, au fil des films, par une personne qui n’est convaincue de rien, excepté de l’amour qu’elle porte à son prochain. Chercher ce que Joris Ivens perçoit chez ce cinéaste comme un « plaisir d’être avec, de briser l’écran qui sépare du monde ». Jean-Pierre Thorn questionne inlassablement sa position pour adopter une place plus juste. Ainsi, après avoir filmé aux côtés des grévistes de l’usine Renault,
à Flins, en mai 1968 (Oser lutter, oser vaincre), il va travailler à l’usine Alstom à Saint-Ouen. Son deuxième long métrage, Le Dos au mur, accompagne cette fois la grève de l’intérieur. Le regard du cinéaste continue de se déplacer, de s'élargir, pour prendre en considération les réalités plus précaires. Avec le collectif Cinélutte, il dénonce la circulaire Marcellin-Fontanet qui affecte les personnes immigrées (La Grève des ouvriers de Margoline). Cette indignation
préfigure un deuxième volet de sa filmographie, qui va à la rencontre des enfants de cette première génération venue travailler en France. Chercher aussi à rendre les tensions plus saillantes, comme le montage d’Oser lutter, oser vaincre les exacerbe à coup de slogans scandés et d'arrêts sur images. Les films de Jean-Pierre Thorn ne viennent pas lisser des situations pleines d’aspérités. Malgré
les idéologies auxquelles il peut adhérer, le cinéaste interroge, écoute, en évitant un discours écrasant. Devenu délégué syndical engagé dans les actions de la CFDT, il conserve un regard critique sur le rôle de ces organisations et les querelles qui divisent la gauche. S’il prend conscience que les personnes immigrées sont moins bien loties, il souligne aussi les inégalités que rencontrent les femmes, au sein même de groupes qui prônent plus d’équité. En s’inspirant de la trajectoire de Georgette Vacher (Je t’ai dans la peau), le cinéaste affirme que «les femmes posent au mode de pouvoir de toutes les institutions une
question, celle de leur non-intégration ». Et c’est pourquoi il filme celles qui cherchent à réinventer les formes de lutte, comme le font les caravanières d’Allez,Yallah !. Chercher avec acharnement à inscrire dans une
histoire ceux et celles mis·es de côté. Offrir inspiration et représentation à des générations qui se sont senties grillées. Donner à voir espoir et confiance, ces armures nécessaires pour se mettre à l'abri des balles du système.
 

Dans les premiers films de Jean-Pierre Thorn, les interrogations centrales de son travail sont déjà posées : comment réagir collectivement face à la violence considérée légitime ? Jusqu’où aller pour renverser ce que l’on nous fait subir ? De l’espace clos de l’usine, du piquet de grève et des chants révolutionnaires, on bascule vers les barres d’immeubles, la contestation du rap et les gestes du hip-hop (dès Génération hip-hop ou le mouv’ des ZUP). On retrouve une forme de continuité dans l'élan de créativité, l’énergie de crier pour se faire entendre, la
conviction que l’on peut faire mouvement pour donner corps à nos revendications. Avec le hip-hop, «les gens du peuple ont développé d’eux-mêmes un truc d’une force incroyable qui les fait vraiment avancer», affirme Farid Berki dans Faire kiffer les anges. Chercher, encore, le sens de toutes ces
luttes qui n’aboutissent pas et laissent, avec le temps, un goût amer d’inachevé. Se demander jusqu’au dernier souffle, avec L’Âcre Parfum
des immortelles : « Que sont devenus nos rêves, notre colère, notre rage de changer le monde ?» De l’ « espoir que ça pète un jour » (Le Dos au
mur), au « qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? » (Faire kiffer les anges), on arrive au même constat : le combat n’est pas terminé. De la circulaire Marcellin-Fontanet à la double peine qui menace Bouda (On n’est pas des marques de vélo), le sort des personnes immigrées ne va pas en s’améliorant. Les Gilets jaunes de L’Âcre Parfum des immortelles semblent ressentir autant le mépris des classes dirigeantes que les travailleurs d’Oser lutter, oser vaincre. Et c’est pourquoi le cinéma de Jean-Pierre Thorn est toujours d’une si grande actualité. « Rien de ce qui a été vécu avec intensité ne peut mourir» entend-on dans le dernier film du cinéaste. Cette phrase pourrait s’appliquer à la figure de Jean-Pierre Thorn qui, avec son dévouement entier, a marqué les cœurs et
les esprits. Militant de toutes les heures, vrai copain pour certain·es, daron pour d’autres : quand on évoque Jean-Pierre, l’amour et la reconnaissance ne sont jamais loin. C’est avec émotion que nous consacrons une partie de notre saison à cette personnalité qui fréquentait assidûment nos salles. Et c’est un grand honneur de débuter ce temps fort, dont les prolongements se poursuivront à la
Cinémathèque de Toulouse, qui conserve ses archives et restaure les copies de ses films.
Marion Bonneau
programmatrice du cycle

  • Engagement / Luttes
  • Exil / Migrations
  • Société
  • Arts / Culture

Projection

Accompagnement

Oser lutter, oser vaincre

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Le Dos au mur

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

On est pas des marques de vélos

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Je t'ai dans la peau

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Oser lutter, oser vaincre

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Accompagnement

Les Bandes, le quartier et moi

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Le Dos au mur

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Accompagnement

Je t'ai dans la peau

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

On est pas des marques de vélos

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Oser lutter, oser vaincre

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

On est pas des marques de vélos

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Le Dos au mur

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Projection

Je t'ai dans la peau

FORUM DES IMAGES (PARIS, Île-de-France)

Dans le cadre de «JEAN-PIERRE THORN, FRATERNELLEMENT»

Structure organisatrice

Partenaires

En association avec la Cinémathèque de Toulouse

Contact

programmation.cinema@bpi.fr