Autre événement
Musée de Bretagne - Les Champs Libres
10, cours des alliés , 35000 RENNES
Gratuit
Présentation
(2003, 63 min), Les Films du village
Dans l’Ouest de la Géorgie, les vivants ne se séparent pas de leurs morts. Ils leur parlent, leur demandent conseil… Tsotné, revêtu de son plus beau costume, est enfin prêt "à recevoir". Ses proches sont là, on partage les jours et les veillées, les concours de pleurs et les repas.
Rencontre avec la réalisatrice.
Depuis 2021, Ethnographik cinema proposé par Mirabelle Fréville avec le musée de Bretagne tisse un dialogue entre les images des cinéastes et celles des anthropologues. Pour la saison 2023-2024, le cycle de 6 séances est consacré à la mort, à ses rituels, à ses différences sociales et culturelles en lien avec l’exposition Mourir, quelle histoire !
Dites à mes amis que je suis mort
De : Kirtadze Nino
Année : 2003
Durée : 87
Pays de production : France, Géorgie
Production : Les Films du Village
En Géorgie, pays de quête de la Toison d'Or, les vivants continuent de vivre avec leurs morts. Les cimetières s'improvisent en lieux de rencontres, les morts en devins le temps d'une confidence ou d'un conseil. Ils ne manquent de rien : téléphone portable et ordinateurs s'inscrivent dans le paysage funéraire comme la chose la plus naturelle du monde.
Dans le discours et dans les actes, le lien entre les morts et les vivants est maintenu, magnifié, mis en scène. Durant l'enterrement, l'événement culminant, les vivants font preuve d'une surenchère ingénieuse et la cérémonie prend les airs d'une Commedia Dell'Arte. Tout y est exubérant, excessif. Les vivants se parent et entrent en scène. Des décors insolites et des portraits de plus en plus gigantesques sont déposés sur les tombes. Les inscriptions vont des épitaphes les plus délirants aux descriptions les plus terre à terre, puis viennent les solos des lamentations et les improvisations spectaculaires des pleureuses.
La famille doit maintenir la tension et par-dessus tout surprendre : tout est fait pour les yeux et les oreilles. On ne sait jamais si ce que l'on voit traduit la douleur intérieure ou s'il s'agit d'une improvisation purement théâtrale.
Ce film, en aucun cas lugubre, est conçu comme un récit surréaliste et pictural aux travers d'une succession de tableaux qui nous racontent l'étrange cohabitation de deux univers : celui du réel et de l'irréel, celui des vivants et des morts.