Rencontre avec Jean Louis Le Tacon

Du 20 au 20 mai 2026

14h00-16h00 : Atelier cinéma 

Technique corporelle de prise de vue à la main pour anthropologue cinéaste

Jean-Louis Le Tacon va toujours de ville en ville enseigner LA GYMNASTIQUE DES FILMEURS, l’art de filmer avec ses doigts, avec son corps. Il a emboité le pas de l’inventeur de cet art du filmeur-arpenteur Jean Rouch et ne cesse d’enrichir ce savoir-faire.

« Oui, le cinéma, c’est oser filmer en solo, L’outil d’écriture c’est la caméra articulé au corps du filmeur. Je suis pour un cinéma d’arpenteur, de marcheur dans les espaces géographiques  et mentaux. Le cinéma est un dispositif d’énonciation qui met en jeu le corps du filmeur, sa force musculaire, sa puissance émotionnelle, son intelligence des situations où il se meut, sa virtuosité dans l’usage de l’instrument CAMÉRA. La caméra produit des événements filmiques qui emportent les gens, les lieus, les animaux, dans la « cinétranse ». Jean-Louis Le Tacon

20h30: Projection de courts-métrages sur le monde paysan     

En présence de Jean Louis Le Tacon

"Bretonneries pour Kodachrome" de Jean Louis Le Tacon. 1976. 12′

Les formes de vie sociale des pays bretons (noces, moissons, pardons, danses et jeux) hier reniées, sont aujourd’hui exhumées et transformées en objets de spectacle, livrées en pâture aux touristes audiovisuels qui déferlent chaque été sur la Bretagne ; à 500 km de Paris, on trouve à portée de l’objectif des indigènes en « chupenn » et « bragoù bras » qui baragouinent fort curieusement. Quand on ne peut se payer un safari-photo au Kenya, on peut toujours aller en Bretagne.

"Cochon qui s’en dédit" de Jean Louis Le Tacon. 1979. 37′

Le film "Cochon qui s’en dédit" traite du rapport d’un homme à son travail. Celui de Maxime avec son élevage industriel de porcs en système hors sol, qu’il a monté avec un plan de financement alléchant.
Mais, avec le temps, tout ne va pas pour le mieux. Il se débat dans l’univers qu’il contribue malgré lui à créer. Les gestes simples du travail quotidien le ramènent à ses fantasmes, la castration, la mutilation, l’univers concentrationnaire de l’élevage.

"L’homme cochon, 20 ans plus tard" de Jean Louis Le Tacon. 2000. 11′

Vingt ans après avoir quitté ce qui fut le théâtre d’une pièce morbide, tant pour les bêtes que pour lui-même, Maxime Duchemin revient dans la porcherie en ruines où Jean-Louis Tacon le filma durant trois ans (Cochon qui s’en dédit). Et il parle. De sa vie actuelle. Du film, une véritable thérapie qui lui permettra de prendre le recul nécessaire pour s’entendre, « se » voir, et sortir enfin de la spirale infernale dans laquelle il fut pris.

"Porc’hel an noz, digor an dor din ‘ta / Cochon de nuit ouvre moi la porte !" de Sebastien Guillou. 2004. 13′
Portrait de Jean Yves Le Gac, jeune boucher du Vieux-Marché qui tue le cochon.

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