À la rencontre du réseau LCDD #30 : Aquarium Ciné-Café (Lyon)

Alors que l'Aquarium Ciné-Café s'apprête à accueillir la circulation du festival Vrai de Vrai du 17 au 22 mars, nous sommes partis à la rencontre d'Axel Teyssonier, volontaire en service civique en programmation.

Pouvez-vous nous présenter l'Aquarium Ciné-Café et ses origines ?

Axel Teyssonier : Alors, l'Aquarium Ciné Café, c'est un cinéma un peu alternatif. On est un cinéma associatif. Il a été créé il y a maintenant 10 ans, c'est notre dixième saison, par des personnes qui avaient une association de création cinématographique, et ont voulu créer un lieu avec l'humble objectif de réinventer le cinéma, la salle de cinéma en tout cas. Et voilà, ça se passe plutôt bien. 

Quelle place occupe le documentaire dans votre programmation et comment choisissez-vous les films programmés ?

A.T : Je suis en service civique en programmation, donc j'assiste Emile, je regarde ce qu'il fait surtout et il me laisse aussi choisir des choses. On diffuse un documentaire par semaine, c'est tous les mardis en général. Ça peut changer, mais vraiment, le mardi, c'est le créneau documentaire. Et comment on choisit les documentaires, ça rentre dans la même démarche que les autres films : On essaie de choisir des films un minimum identifiables pour attirer un public assez varié. Mais on se permet aussi des choses moins identifiables, pour permettre au public de découvrir des nouveaux films. Et avec les documentaires, on essaie vraiment de valoriser les productions locales, parce que quand ce n'est pas des boîtes de production parisiennes, c'est un peu plus compliqué pour donner de la visibilité. Donc on essaie vraiment, à Aquarium, de donner de la visibilité à toutes les images, dont les documentaires.

Vous accueillez la circulation Vrai de vrai du 17 au 22 mars. Qu’est ce qui vous a donné envie d’y participer ?

A.T : C'est notre troisième édition du Festival Vrai de Vrai. Participer à cette circulation entre dans la même démarche que pour les autres films. On veut diffuser du documentaire parce que ça attire moins, en général, que la fiction pour le public. Donc, c’est dans l’idée de rendre plus visibles d'autres types d'images qu'on donne et accorder un créneau d'une semaine comme ça dédié au documentaire, ça nous donne envie et c'est très pertinent dans notre démarche.

Quel public accueillez-vous principalement ?

A.T :On a de la chance parce que c’est très diversifié, même si on a plus de mal avec les étudiants. Je pense que c’est peut-être parce qu’on est un peu excentré, on est situé à Croix-Rousse, donc il faut un peu monter, et on est un peu loin des universités. Mais tous les mois on fait une soirée « action » où on diffuse 5 courts-métrages lyonnais avec les réalisateurs présents. En général c’est des premiers courts-métrages d’étudiants, et il y a bien sûr du court-métrage documentaire aussi dans la sélection, on essaie aussi de varier pour offrir une sélection diversifiée. 

Vous organisez également des ateliers cinéma, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les activités proposées ?

A.T : Pour ça, il faut revenir à pourquoi Aquarium a été créé ; c’était pour réinventer la salle de cinéma, mais aussi pour apprendre à faire du cinéma. Tous les mercredis tu vas faire du sport, le samedi matin tu vas faire de la musique, mais tu ne peux pas faire du cinéma hebdomadairement en France ; et maintenant si, à Lyon à Croix-Rousse. Il y a vraiment cette idée d’un lieu de programmation très large, mais aussi un lieu qui offre des ateliers sur comment faire du cinéma. On a des intervenants professionnels, qui sont des intermittents du spectacle, et c’est pour tous les niveaux et tous les âges. Toutes les semaines l’après-midi, on a des ateliers de 2h. Les weekends, on a des ateliers mensuels, qui peuvent porter sur la fiction, le documentaire, le doublage, du bruitage, de l’animation, on essaie de viser très large pour avoir des ateliers qui peuvent plaire à tout le monde. C’est l’idée d’avoir créé une école de cinéma au même endroit qu’une salle de cinéma. Tous les ateliers sont remplis au maximum, on est obligés même des fois d’augmenter la jauge pour accepter plus de monde ; on vise tout le monde et on atteint tout le monde.

Pourquoi avoir rejoint le réseau de la Cinémathèque du documentaire et depuis quand en faites vous partie ?

A.T : Pour être précis, la service civique d’il y a maintenant 8 ans connaissait Georges Heck, ancien président de la Cinémathèque du documentaire, ce qui a permis de créer le lien. Le partenariat était tout trouvé puisqu’on voulait diffuser du documentaire, c’était donc pertinent de rejoindre votre réseau.

Auriez-vous 3 ou 4 recommandations de films documentaires à nous partager ?

A.T : Et bien déjà, pour notre festival Vrai de vrai du 17 au 22 mars, on va diffuser Adieu Sauvage de Sergio Guataquira Sarmiento, mon coup de cœur depuis que j’en ai entendu parler, je suis donc très content de le diffuser. Je le recommande chaudement, vous pouvez venir le voir à Aquarium, parce que le réalisateur sera avec nous. Ensuite, on a diffusé récemment Jenin jenin, de Mohammed Bakri. C’est un film très dur, puis c’était en 2002 et pas grand-chose n’a changé. Et finalement, celui que j’ai vu récemment au cinéma, c’est Soundtrack to a Coup d’État  de Johan Grimonprez. C’est le montage qui m’a impressionné ; le film dure 2h30, mais le montage fait qu’on ne sent pas le temps passer.

Date de mise à jour :