"Collapse" d'Anat Even labellisé Oh My Doc!

Les films documentaires, ancrés dans le présent et aux prises avec l’époque, sont des preuves de vitalité de la création et des témoignages précieux de notre temps. Le label Oh My Doc! est destiné à promouvoir le documentaire en salles. La Cinémathèque du documentaire, Tënk, Documentaire sur grand écran, Les Écrans, et l'Agence nationale pour le développement du cinéma en régions, 5 acteurs majeurs du secteur, ont décidé de s’unir sous ce label pour accompagner ensemble la sortie en salles de plusieurs films par an.

Affiche Collapse. Au premier plan, on y voit des terres agricoles, et au second des explosions et des terres dévastées

Collapse, face à Gaza

D'Anat Even
En collaboration avec Ariel Cypel
France, 2026, 79 min.
Production : Caractères Productions
Distribution : JHR films
Sortie en salles : 6 mai 2026

Peu après le 7 octobre 2023, Anat retourne dans ce qui était autrefois sa maison. Elle erre et filme pendant plus de deux ans dans ce kibboutz incendié et sur des terres agricoles transformées en machines de destruction. Au-delà de la clôture, Gaza est anéantie.

L'avis d'Oh My Doc! :

« Le film débute avec un hommage aux victimes du massacre du 7 octobre 2023, là, où la société israélienne bascule entre celleux qui réclament une vengeance de sang, et une petite minorité qui espère une solution de paix.

Anat Even erre à travers des lieux qui jadis furent les siens mais qui sont aujourd’hui étrangers. Son film se déploie autour d’un espace d’effondrement, vide et désolé, où seules les machines sont omniprésentes et d’où on entend au loin les bruits incessants des bombes. D’un côté, les champs et l’activité agricole, de l’autre, derrière les barbelés, on détruit, on affame et on rase. L’espace sonore est saturé, les bruits se superposent et confrontent deux réalités.

La construction du film sous forme épistolaire place au centre la question du dialogue, de l’échange. Les lettres créent un peu d’humanité sur des images qui en sont dépourvues.

La réalisatrice s’immisce dans des cercles d’extrême droite israélienne qui revendiquent ouvertement le projet colonisateur, violent et raciste. Ce qui permet de déconstruire le récit de la défense légitime.

C’est en somme un témoignage qui se dresse à la fois comme un contre-champ des images de réseaux sociaux de victimes gazaouis mais aussi à contre-courant de la propagande israélienne saisie par les médias français et américains. Témoignage d’autant plus important, qu’il est minoritaire, face à une société à l’idéologie destructrice. »

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